• Motivations du colloque

     

    Lorsqu’en 2007 une délégation du Comité Renan de Tréguier, invitée à l’inauguration du monument Renan à Ghazir, (où fut conçu le célèbre "best seller" de Renan "Vie de Jésus"), fut reçue à l’ancienne Byblos, le père mariste qui l’accueillait eut ce mot  : «  Ernest Renan, lui, est dans la conscience des Libanais  ». Non seulement parce qu’il a passé près d’un an au Liban, de 1860 à 1861, à mener toute une campagne archéologique et épigraphique qui conduisit au monumental ouvrage Mission de Phénicie et parce qu’il a impulsé la recherche phénicienne et ainsi contribué puissamment à enrichir le fonds phénicien du Louvre. Mais aussi parce qu’il a parcouru tout le pays par monts et par vaux, par les cours d’eaux et par les grèves. Mais enfin parce que sa sœur Henriette, son aide incomparable, y mourut d’épuisement et qu’elle est enterrée, là-bas, à Amschit. Lui-même fut sauvé au dernier moment. Les liens entre Renan et le Liban, qu’il ne reverra qu’en janvier 1865 lors de son second voyage en Orient, sont si fortement privilégiés que Tréguier se devait de les renouer par ce colloque. Co-organisé par le prestigieux Collège de France, l’Université de Brest (UBO) et le Centre d’étude des correspondances et des journaux intimes (CECJI-EA 7289) avec le Comité Renan de Tréguier, il s’honore d’en faire, tout-à-fait dans l’esprit de Renan, un lieu de haut savoir et d’enrichissante ouverture. En témoignent particulièrement la forte délégation de spécialistes libanais et la présence des maires de Byblos d'Amschit et de Ghazir, ainsi que la participation des savants présents et celle de passionnés du pays de Tréguier. La récente intervention de la diplomatie franç aise dans les problèmes libanais nous encourage d'autant plus.

    Ainsi ce colloque, en succédant à celui de juillet 2017, clôt momentanément nos recherches d’un Renan pendant quasi deux ans en prise directe avec l’Orient, ethnographe, archéologue, épigraphiste, historien, emmagasinant des matériaux pour le grand œuvre en gestation. Ainsi selon le mot de notre président, Henry Laurens du Collège de France, nous rendons hommage à  Renan «  le plus grand orientaliste français du XIXe siècle  ».